Ma définition de la mère parfaite.

On en parle un peu partout, on la décrit de différentes manières et pourtant personne ne sait vraiment à quoi ressemble la mère parfaite. Nous avons toutes notre propre idée de ce qu’est la mère parfaite et la mienne se résume en une seule phrase : C’est une femme heureuse. Pour moi la mère parfaite est une femme qui arrive à concilier les besoins de son enfant avec ses propres désirs. Partant de cette définition, je considère qu’il est donc impossible de donner une définition stéréotypée de ce qu’est la mère idéale puisque la définition du bonheur et des priorités variera inévitablement d’une femme à l’autre.

Pour la fête des mères, Le Monde a publié il y a quelques années un article sur le retour de la mère parfaite (à retrouver ici) et cet article m’a un peu irritée. En le lisant j’ai eu l’impression qu’une mère heureuse et épanouie était forcément une menteuse qui simulait son bonheur à coup de hashtags #happy #comblée et #épanouie. Les femmes passent tellement de temps à essayer de correspondre à une image considérée comme parfaite qu’elles tentent d’atteindre à tout prix, qu’elles finissent par perdre de vue ce qu’elles veulent vraiment. Malheureusement, une femme qui ne sait pas ce qui l’a rend heureuse et qui ne se connait pas suffisamment pour connaître ses priorités ira chercher chez les autres (sur les réseaux sociaux, dans la presse féminine, …) des recommandations pour être épanouie. Mais le bonheur et l’épanouissement ne se formatent pas et plutôt que de se fatiguer à « devoir être », nous devrions simplement apprendre à reconnaître ce qui nous fait du bien. A force de vouloir cadrer à un modèle irréaliste, les femmes se perdent, se fatiguent et finissent par imaginer qu’elles ratent tout et qu’elles ne sont pas à la hauteur.

Je crois que tout le monde est d’accord pour dire que la mère parfaite dont on parle partout n’existe pas. C’est un mythe. Beaucoup aimeraient absolument en donner quelques critères, mais je ne pense pas que la qualité du maternage dépende ni du temps passé avec son enfant (mère au foyer vs mère qui travaille), ni de la propreté de votre maison (mère ordonnée vs mère bordélique), ni de ce que vous donner à manger à votre enfant (allaitement vs biberon ; petits pots industriels vs petits plats fait maison). Si les femmes se déchirent autant sur toutes les questions liées à la maternité c’est avant tout parce qu’elles se sentent coupables et que la société continue de les rendre coupables. Cette culpabilité a fait naître une nouvelle génération de mères qui doutent de leurs compétences alors qu’elles sont toutes en quelque sorte parfaites à leur façon. Je suis assez étonnée de voir tous ces livres sur comment réussir l’éducation de son enfant, ces livres qui donnent des conseils, qui expliquent comment faire pour être un bon parent, comme s’il existait un mode d’emploi pour que nos enfants ne fassent pas de crises, qu’ils mangent de tout, qu’ils soient polis et plus intelligents que les autres… L’explosion de ce genre d’ouvrage est très symptomatique de l’état d’esprit des mères : elles doutent, elles n’ont pas suffisamment confiance en elles et ont besoin de s’appuyer sur des théories. Ces théories sont très intéressantes mais on oublie qu’en science humaine chaque situation est différente et qu’il est impossible d’éditer un mode d’emploi de la parentalité!

Je suis un peu à contre-courant avec mes articles de psychologie sur le blog car je fais tout l’inverse! Je ne vous donne pas de conseil, je ne veux pas vous dire comment faire pour éduquer vos enfants pour la simple et bonne raison que vous allez le faire (sans même en avoir conscience) en tenant compte de vos expériences, de votre histoire personnelle et tout cela couplé avec les affects et les expériences de vie de votre compagnon de vie ou des gens qui participent à l’éducation de votre enfant, ce qui rajoute encore des données que vous ne pouvez pas maîtriser ! Selon moi le secret pour aider votre enfant à être épanoui c’est de réussir à vous sentir bien dans votre rôle de parent. Il faut avant tout être capable de vous sentir légitime à cette place, d’avoir confiance en vos capacités parentales, de ne pas douter de vos choix (si vous n’êtes pas rassurée comment votre enfant peut-il l’être ?). Les mères culpabilisent en général beaucoup trop et ont tendance à se comparer facilement. C’est quelque chose de très féminin. Nul besoin d’avoir des enfants pour être dans ce mode de fonctionnement. Des études ont révélé que si les hommes regardaient les jolies filles dans la rue, les femmes, elles, ne regardent pas beaucoup les hommes séduisants, non, elles regardent davantage les autres femmes ! Quand ces mêmes femmes deviennent mères, la comparaison continue et peut être dévastatrice. Il n’existe pas un modèle à suivre de mère parfaite parce qu’il y a plein de façons différentes d’être épanouie et fière de ses choix. Ce qui plaît à certaines déplaira à d’autres. L’essentiel c’est juste d’être sereine dans ses choix, de ne pas penser que l’herbe est plus verte chez la voisine (ou la maison mieux rangée ou les enfants moins bruyants ou …). Faites vos choix sans vous comparer aux autres et faites les pour être heureuse et non pas pour épater les autres. Assumez vos décisions et ne doutez pas ! C’est probablement le meilleur moyen d’être heureuse.

Pour conclure, ma définition de la mère parfaite serait : une mère imparfaite mais parfaitement heureuse.

A bientôt,

Anne-Sophie.

Crédit photo Dan Petrovic

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